Ajouté par : Sébastien Moffet
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Notre bénévole globe-trotter Marie-Eve Muller nous entretient sur un festival hors-norme, exotique et beau, en direct de la belle Suède.
La 1re édition du festival Music and Arts de Stockholm, en Suède, s’est terminée dimanche dernier, après trois jours de création artistique et de spectacles musicaux de haute qualité. Sis au cœur d’une île-parc entourée de voiliers, de bâtiments historiques et d’un parc d’attraction, le festival avant-gardiste proposait des installations-performances, du slam, de l’art politique et surtout de la musique.
Retour sur les deux plus beaux spectacles du festival.

Le soleil de fin d’après-midi chauffait la foule pour danser. Sur scène, un immense cube de tissus noir, un podium blanc. À gauche, deux choristes, face à face, de profil à la foule. Bas mi-mollets, shorts jusqu’au genou, polo, casquette, tout en blanc, comme Jean Charest dans sa pub. À droite, deux claviéristes, face à face aussi, vêtus de la même manière. Derrière eux, un homme en noir, avec lunette soleil, les mains dans le dos (tout au long du spectacle), devant quatre ordinateurs. Et derrière lui, bien caché, un percussionniste, en blanc.
Iamamiwhoami est entrée sur scène vêtue d’un one-piece ultra moulant blanc et a entamé le spectacle par la très prenante Drops. Les pièces se sont enchaînées sans que la Suédoise Joanna Lee s’adresse une seule fois au public.
Pendant la transcendante Sever, Lee a enlacé son doudou-monstre, qui ressemble beaucoup à une moppe d’ailleurs, et qu’on voit dans la plupart des clips de l’album Kin. À mi-spectacle, Lee a disparu derrière la scène pour revenir vêtue du même one-piece, noir cette fois, et dudit doudou-monstre. Le cube, lui, est devenu blanc. Une heure plus tard, le groupe nous saluait de la main et disparaissait derrière les rideaux.

La plus célèbre des Islandaises clôturait le festival. Dix-huit jolies choristes sont arrivées dans leurs toges à paillettes couleur rouille ou bleu royal. Comme musiciens : un percussionniste « and other stuff » et un bidouilleur de « ipad, ipod, mac and other stuff ». Björk, au centre, avec une perruque genre Geisha-Biophilia, de couleur bleu et orange, et une robe du même matériel.
Björk avait l’air un peu gêné durant les premières pièces, toute timide derrière ses faux cheveux et son large maquillage. Mais quand les écrans LEDS ont commencé à présenter des images de bactéries, d’Islande, d’étoiles de mer et de volcan, la chanteuse a pris ses aises. Ses pièces différaient vraiment de ses albums : les arrangements flirtaient parfois avec le dubstep, la basse faisait vibrer nos os, et la chorale se mariait avec des sons d’orgues frôlant la mysticité. On aurait prié Dieu tellement c’était beau. Et quand un tube en métal est descendu du ciel pour créer des éclairs en faisant des bruits, on a capoté. On, c’est la foule au complet. Un grand cri, un rugissement, des milliers de gens ébahis qui tripent en même temps. Le festival clos, la foule a quitté l’île sous la pleine lune gigantesque, une procession qui a pris d’assaut les rues, tant pis pour vous les voitures qui ne klaxonne pas, parce qu’en Suède, on reste poli et tranquille et propre tout le temps.