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Nouvelle

Date : 18/09/2012

FME 2012: le retour

Ajouté par : Marie-Ève Muller

 

C'est le 30 aout dernier qu'était donné le coup d'envoi du Festival de musique émergente de l'Abitibi-Témiscamingue (FME), qui célèbre cette année son dixième anniversaire. En quatre jours, c'est un peu plus de 70 spectacles dans une douzaine de lieux de diffusions qui ont été présentés dans la capitale du cuivre. Si certains étaient déçus par le manque d'audace au niveau de la programmation, la très grande majorité était conquise par la consistance des noms qui se sontsuccédé sur scène. Notre bénévole Alex Perreault vous livre ici ses impressions des différents spectacles auxquels il a eu le bonheur d'assister, le tout sans aucune prétention!

Jour 1

Capsule #1 / FME 2012 from Festival de musique émergente on Vimeo.

Les festivaliers furent conviés sur la 7e rue de Rouyn-Noranda où soleil, méchoui, "pulledpork", et bonne humeur se mélangeaient à la musique des Dj. Je me suis ensuite dirigé vers une ancienne église, l'Agora des arts, transformée en salle de spectacle afin d'écouter Half Moon Run qui fut pour moi le moment fort de cette journée. Leur musique rock aux accents folk, dominée brillamment par d'impeccables harmonies vocales, a instantanément charmé l'audience en nous rappelant, à certains moments, des influences musicales du genre Fleet Foxes ou Patrick Watson. Seul bémol, la basse gonflée aux stéroïdes camouflait parfois les subtilités des arrangements musicaux...

 

C'est sur cette même scène qu’ont débarqué les très attendus Timber Timbre pour nous faire entendre les morceaux de Keep on Creeping on. Taylor Kirk et sa bande ont enfilé les chansons sans trop de valeurs ajoutées par rapport à ce que l'ont retrouve sur le disque. Bien qu'impressionnant par la justesse de la voix, un peu d'improvisation aurait agrémenté cette performance un peu fade.

J'ai ensuite quitté l’Agora pour aller profiter des dernières chansons de Radio Radio qui jouait sur la scène extérieure de la 7e rue. L'esprit de fête qui régnait dans le vieux Noranda était en parfait contraste avec l’atmosphère légèrement déprimante de l'Agora. Les trois Acadiens ont livré de façon très énergique un mélange de nouvelles pièces et de leurs "hits" à une foule séduite avant même les premières notes.

Jour 2

Après une courte nuit de sommeil, j'ai repris le collier pour le lancement du nouvel album de Peter Peter, Version améliorée de la tristesse, dans un Cabaret de la dernière chance rempli bien au-delà de la capacité maximale. Si son dernier album avait été comparé au travail de Jérôme Minière, Peter Peter nous arrive cette fois avec une sonoritébien empreinte de synthé. La présence de saxophone vient assurer un côté feutré très plaisant qui se combine bien aux claviers vaporeux.

Le spectacle de Louis-Jean Cormier suivait sur la 7e rue. Le "front man" de Karkwa, venus nous présenté son effort solonous attendait de pied ferme avec ses nouvelles compositions. Vous vous demandez sans doute à quoi peut ressembler du Louis-Jean Cormier... Eh bien ça sonne comme du Karkwa, un peu plus rock. Malgré tout, c'est très bon, du Karkwa, non!?

Une foule très éclectique s’est ensuite compactée pour le spectacle de Feist qui en a fait frissonner plus d'un avec sa voix. Elle et ses musiciens ont livré une performance réglée au quart de tour, entrecoupé d'intervention en français, la majorité du temps. Elle répond même "en français s'il vous plaît" à un "I love you " crié par un spectateur!Feist

Je pars juste à temps pour aller voir une révélation de cette édition du FME; Organ Mood. Bien camouflée dans une ruelle adjacente à la scène de la 7e rue, cette performance mélangeant art visuel et musique électronique m'a frappé comme une tonne de brique. Pendant que Christophe Lamarche fait danser la foule avec sa musique planante, Mathieu Jacques nous éblouit par ses projections. Ce dernier crée en direct des ambiances visuelles sur acétates projetés à l'aide de quatre rétroprojecteurs.

À quelques mètres de la débutait le spectacle de Juveniles au Cabaret de la dernière chance. Les jeunes Bretons à l'attitude de rockstar ont fait bouger les couche-tard au son de leurs musiques qui s'apparent à du Depeche Mode avec la voix de Morrissey de The Smith.

Un peu plus tard, à l'Agora, se produisait un groupe important de la musique indie; Plants and Animals. Le trioa donné toute une performance, et ce, malgré le son très garage qu'offre la salle. C'étaitrafraichissant de voir tout le plaisir qu'a ce groupe à jouer ensemble.

Jour 3
Ma journée débute avec la programmation de la scène Paramount. D'abord le concert de Mesparrow. La Française se présente seule sur scène armée de ses pédales à boucles (loop) afin de superposer sa magnifique voix. La redoutable beatmaker me fait parfois penser à RandomRecipe (rap en moins).

Julien Sagot suivait. L'ovni de Karkwa venait à son tour nous présenter son projet personnel. Contrairement à Louis-Jean Cormier, Sagot a livré du matériel beaucoup plus différent de ce à quoi le groupe nous a habitué.

Marie-Pierre Arthur a livré un rock extrêmement efficace avec des versions légèrement modifiées de certaines de ses chansons. La chanteuse, qui jouit d'un contrôle incroyable de sa voix, alaissé une grande place à ses musiciens qui en ont même profité pour chanter chacun leurs tours un couplet d'une chanson.

Suivait ensuite un des spectacles le plus courus de cette édition du FME;Godspeed You! Black Emperor (GY!BE). Même armé de ma passe média, il m'était impossible d'accéder à ce concert. Plus tôt dans la journée, quelques billets furent tirés au sort parmi l'ensemble des médias sur place... Pas de chance pour moi. Par contre, je fus en mesure de trouver un laissez-passer quelques heures avant le concert. Les quelque 400 chanceux qui ont été en mesure d'assurer leurs places à l'Agora des arts attendaient la venue du groupe sagement assis sur le sol. Le groupe fit sont apparitions sans même adresser un mot à la foule (pas un mot de tout le spectacle d'ailleurs) et se mis en action immédiatement. Même si les membres du groupe ne sont pas exubérants sur scène, ce qui n'a rien d'un reproche, ils ont tout de même assuré une partie visuelle époustouflante avec des projections tout à fait appropriées qui venaient vraiment appuyer l'ambiance musicale. Les moments de silence ont été bercés par le son des quatre projecteurs 35 mm placés au balcon. Les huit musiciens ont fait vibrer les murs de cette ancienne église pendant près de deux heures avec leur postrock. Leurs longues chansons en crescendo emportent les spectateurs dans un espèce de rêve éveillé dont on ne veut pas sortir.

J’ai tenté, en vain, d’apprécier les rythmes disco-funk déjanté du groupe de fou furieux d’Artist of the Year, mais le choc que m'a causé GY!BE ma laissé dans un état ou il m'était impossible d'apprécier toute autre musique pour la journée.

Jour 4
Pour cette dernière journée, l'organisation du festival ainsi que la ville nous avaient réservé un concert gratuit regroupant Bernard Adamus, Dumas et Jean-Pierre Ferland. Une foule de gens aux âges très variés s’est massée sur les rives du lac Kiwanis. Une scène a été érigée à moitié sur le sable et le reste directement dans le lac avec un paysage unique à l'arrière. Si Adamus y est allé de nouvelle composition, Dumas est surtout resté dans son vieux répertoire. J’ai filé pour le Petit théâtre afin de retourner à l'adolescence le temps de quelques pièces d'Unexpect. Leurs métal à la fois technique et mélodique a clôt mon festival. Ce marathon musical festif m’a mené au constat suivant; je ne rajeunis pas....Je retourne chez moi complètement épuisé en attendant la prochaine édition de ce festival incontournable. 
 

Bande annonce FME 2012 from Festival de musique émergente on Vimeo.

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