Ajouté par : Vanessa Bell
Le Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville est retour pour sa 26e édition.
Événement novateur et unique, le FIMAV priorise les échanges et les rencontres entre musiciens provenant de différents milieux et de styles musicaux variés. Ainsi à chaque édition, c’est plus d’une centaine d’artistes qui se réunissent à Victoriaville pour présenter un minimum de 20 concerts en quatre jours. Cette situation est d’autant plus unique que l’événement se déroule en région. Depuis maintenant 25 ans, le FIMAV rend facilement accessible la culture d’avant-garde aux gens du Centre-du-Québec et démontre que ce type de culture peut se développer hors des grands centres urbains. Plus que tout, la réputation enviable du FIMAV tient au fait que celui-ci accueille chaque année des musiciens de renoms qui unissent leur talent pour réaliser des projets musicaux inédits. Le FIMAV est un véritable « laboratoire sonore » où les artistes expérimentent ce que sera la musique de demain!
Que nous réserve le FIMAV pour son 26e anniversaire ? D’entrée de jeux, nous pouvons déjà affirmer que sa programmation sera à la hauteur de sa prestigieuse réputation, à savoir : grandiose, agréablement surprenante, déroutante à souhait et performée par les plus grands artistes internationaux de la musique émergente ! Pour cette occasion spéciale, la direction artistique cherche à présenter un maximum de projets musicaux offerts pour la première fois sur la scène nord-américaine et mondiale.
En première mondiale :
En concert :
SAM SHALABI – Land of Kush (Québec)
AUN & MICHEL LANGEVIN (Québec)
JIM DENLEY / PHILIPPE LAUZIER / PIERRE-YVES MARTEL / KIM MYHR (Australie, Québec, Norvèges)
CATHERINE JAUNIAUX / MALCOM GOLDSTEIN / BARRE PHILLIPS (Belgique, USA)
BILL DIXON – Tapestries for Small Orchestra (USA)
RENÉ LUSSIER – 7 Têtes (Québec)
Exposition:
MANON DE PAUW – L’aréna (Québec)
Installations sonores :
ANDRÉ PAPPATHOMAS – La vie est un mode d’emploi (Québec)
Première Nord-Américaine :
LYDIA LUNCH / PHILIPPE PETIT (USA, France)
XAVIER CHARLES / IVARGRYDELAND / CHRISTIAN WALLUMROD / INGARR ZACH - Dans les arbres (France , Norvège)
PERLONEX & CHARLEMAGNE PALESTINE (Allemagne, USA)
JACQUES DEMIERRE URS LEIMGRUBER – Six ( Suisse, Canada, Allemagne)
KIM MYHR & TRONDHEIM JAZZ ORKESTER (Norvège, Australie)
ANNE-JAMES CHATON / ANDY MOOR (France, Angleterre)
INSTALLATION SONORE: “Solo de musique concrète pour 6 pianos sans pianiste »
Électronicien, artiste sonore bruitiste et maximaliste, membre du duo morceaux_de_machines, ÉRICK D’ORION crée aussi des installations sonores. Et à ce chapitre, « Solo de musique concrète pour 6 pianos sans pianiste » transpose à merveille sa démarche musicale dans l’univers des arts d’installation.
C’est lors d’une participation à un festival australien que D’ORION a été exposé au mouvement du « ruined piano » (ou piano en ruines), courant situé entre la musique improvisée, la musique concrète et l’art d’installation, et qui consiste à explorer les sonorités de pianos vétustes ou laissés à l’abandon, souvent dans la nature (cette approche possède même son association, la World Association for Ruined Piano Studies, ou WARPS, fondée par Stephen Scott et Ross Bolleter en 1991).
L’œuvre de D’ORION se compose de trois éléments : une musique, des pianos et un pianiste qui n’en est pas un. La trame sonore de l’installation consiste en un collage d’échantillons de solos de piano (Sun Ra, Duke Ellington, György Ligeti, etc.), en mode surcharge, d’une durée de 30 minutes, passé en boucle. Six pianos usés d’époques différentes – un piano « basse » et cinq pianos « satellites », comme en spatialisation 5.1 – sont disposés en cercle dans la pièce. L’artiste a fixé sur chaque piano un moteur désaxé à l’aide d’un poids; en tournant, celui-ci fait vibrer tout l’instrument. Et le pianiste? C’est l’ordinateur de D’ORION qui, à l’aide d’un logiciel spécialement conçu à cet effet, analyse les fréquences du collage, assigne celles-ci aux six pianos et contrôle la vitesse de rotation de leurs moteurs en conséquence.
« Solo de musique concrète pour 6 pianos sans pianiste » est donc un amalgame de paradoxes et de contrastes : vétusté et fine pointe, mécanique et informatique, virtuosité qu’une simple rotation de moteur ne saurait rendre, formalisme du décor (qui fait très « scène classique ») et inconvenance de ces instruments en ruines qu’un pianiste sérieux n’oserait approcher.