Ajouté par : David Goulet
Par Alex Tremblay
L’amphithéâtre de Wendake se transforme en véritable théâtre élisabéthain tous le mois de juillet à la tombée du jour grâce à la présentation de la pièce La Tempête mise en scène par Robert Lepage. Dès les premières minutes, la magie Lepage opère. La scène se métamorphose en océan déchaîné dans lequel le bateau de la suite du roi de Naples tangue dangereusement pour ensuite devenir l’île paisible du magicien Prospero où la forêt environnante devient un personnage à part entière. Tantôt nimbée d’une lumière bleutée, tantôt plongée dans une lumière rougeâtre, celle-ci s’anime au rythme de la pièce et fait pénétrer le spectateur dans la féérie de la pièce de Shakespeare. C’est là l’un des points fort de cette version de La Tempête. Les lieux se transforment constamment. Au gré des tableaux, ils deviennent île, échiquier, rivage, forêt, voire navire. Qui plus est, l’omniprésence des arts du cirque donne à la pièce un côté ludique tout en contribuant à créer cette ambiance féérique propre à l’île enchantée où se déroule le récit.

La forêt prend vie grâce aux superbes éclairages de Louis-Xavier Gagnon-Lebrun. (Photographie Renaud Philippe, Gracieuseté POINTCOMM)
Présentée à Wendake, la pièce prend un tout autre sens. Les liens avec l’histoire de l’Amérique sont riches et évocateurs. Caliban devient un autochtone et Ariel un esprit de l’air semblant sortir tout droit de la mythologie amérindienne. La participation de la troupe de danse huronne-wendat Sandowka constitue d’ailleurs l’un des points forts de cette production. Les scènes auxquelles prennent part ses membres font découvrir au spectateur la richesse des traditions amérindiennes tout en contribuant à créer une atmosphère mystique où magie et nature se fondent l’une dans l’autre. Mieux, Lepage propose une réflexion sur le sort réservé aux Amérindiens par les premiers arrivants en Amérique.
Cependant, la distribution n’est pas à la hauteur de la mise en scène imaginée par Lepage. On ne croit ni à l’amour du prince Ferdinand (Francis Roberge) pour Miranda, ni aux tourments du roi Alphonse (Steeve Wadohandik Gros-Louis). Pire, leur jeu est parfois déconcentrant et brise littéralement la magie dans laquelle le spectateur est plongé. Heureusement, Kathia Rock et Marco Poulin incarnent une Ariel et un Caliban particulièrement convaincant. Hélas, trop souvent, les clowneries prennent le pas sur le théâtre. Si les nombreuses acrobaties impressionnent, cela se fait malheureusement au détriment de la qualité du jeu. Est-ce assez pour priver les spectateurs du plaisir d’assister à cette pièce ? À entendre leurs applaudissements, il semblerait que non…
Informations :
La Tempête de William Shakespeare
Mise en scène : Robert Lepage
Prospero : Guy Rocher
Miranda : Chantal Dupuis
Ferdinand : Francis Roberge
Ariel : Kathia Rock
Caliban : Marco Poulin
Stéphano : Nicolas Létourneau
Étranglé : Jean-François Faber
Alphonse : Steeve Gros-Louis
Gonzalve : Normand Bissonnette
Antonio : Frédérick Bouffard
Présenté du mardi au samedi du 1er au 30 juillet à 21h30
Salle : Amphithéâtre extérieur de Wendake (100, boulevard Bastien)
Pour plus d’information : http://lacaserne.net/index2.php/theatre/la_tempete_a_wendake/