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Critique - Spectacle

Date : 08/02/2011

Ajouté par : Marie-Ève Muller

Un beach party sous la neige

No Joy---Wavves---Best Coast. Un beach party sous la neige.

Critique de spectacle

MONTRÉAL-Il est 20 h 30 et la cage d’escalier du Cabaret Mile-End, l’ancien Kola Note, est pleine de jeunes mélomanes au toupet frisé. Sur la porte d’entrée, il est écrit sold-out. Pas grave, se disent les hipsters et les punkettes, on rentrera pareil! 21 h. J’obtiens la dernière étampe sur la main pour rentrer au spectacle. Quel engouement pour ces trois bands américains!

No Joy entre en scène à l’heure. Pas un mot, pas de bonjour, pas un regard, rien. Derrière ses grands cheveux blonds, la chanteuse bouge les lèvres, mais on n’entend rien. Le ton est donné, ce spectacle aura une qualité sonore de moins mille. La salle sonne comme «le cul». L’énergie est là pourtant, les riffs sont bons, ça clash, ça rock, c’est entraînant. Mais zéro interaction avec la foule. Le drummer fait quasiment dos au public, la guitariste se cache derrière un rideau de cheveux et le bassiste aux airs de Frankenstein est trop occupé à mater ses consœurs. On se croirait à une générale de Cégep en spectacle. La dernière toune est jouée, la chanteuse enlève sa guitare, commence à paqueter ses petits alors que les autres musiciens terminent la pièce. En moins de deux, ils ont quitté la scène et défait le set sans n’avoir jamais regardé la salle. Ouin.

Wavves prend le relai avec des ballons plages plein les bras. Le trio de gars baveux et irrévérencieux se présente avant de suer l’équivalent d’une piscine sur scène. Le public est en délire, ça trash, ça se renverse de la bière dessus, ça pitche des ballons dans tous les sens, ça crie, ça rie, c’est saoul et gelé, ce beau monde-là! Un concours de bodysurfing s’organise, des filles montent périodiquement sur scène pour danser/faire une crise d’épilepsie/mimer l’acte sexuel. Le band semble être imperturbable, jusqu’au moment où le chanteur, voyant le trash devenir un peu plus violent, intervient en disant que les coups de poing ne sont jamais les bienvenus. La surprise de la soirée est là : le drummer, qui a l’air tout timide avec sa chemise boutonnée, se penche au micro pour dire « sauf pour le fistfucking. » Surpris, le chanteur lance à la fille aux cheveux rouges un ballon. Oups, elle se met à saigner du nez. Et le drummer de dire : « tu l’as cherché! T’avais juste à pas fourrer la scène. » W-O-W! Trempés, les gars quittent la scène.

Best Coast cloue la soirée. La chanteuse s’étonne du froid extérieur et de la chaleur intérieure. Avec son petit surf-rock et ses airs de 2 minutes 30, pas plus, écoute!, la jolie se trémousse avec une bette de « j’suis-pas-trop-sure-de-ce-que-je-fais ». La dodue drummeuse ne cesse de faire des signes à son amazone pour lui dire, juste une autre toune, on coupe plus tôt s’il te plaît, je suis en train de bouillir. Le guitariste s’énerve, il n’a pas envie de jouer leur gig le plus populaire, Boyfriend. Il traite la foule de colérique, la chanteuse Bethany Cosentino lâche des calls douteux, l’ambiance devient un peu agressive. Dommage, pour une petite musique si pacifique! « Merci à vous, public euh…comment dire…public! C’était un show pas mal… chaud! » Pas convaincant. Une si bonne musique, un si mauvais show.

Dehors, c’est la tempête. Il ne fait même pas froid. Montréal est silencieuse sous ses nouveaux centimètres de neige. Ça fait du bien.

 

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08/02/11 à 11:02

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