Ajouté par : David Goulet
par Alex Tremblay
Le 7 mai dernier, l’orchestre La Sinfonia offrait le dernier concert de sa programmation 2010-2011 à l’église Saint-Charles-Garnier. Bien loin de s’en tenir à quelques pièces faciles, cet ensemble à cordes formé d’amateurs éclairés a ouvert le programme par l’Adagio et fugue en do mineur de Mozart, œuvre austère et difficile à rendre, avant d’enchaîner avec la Symphonie concertante pour violon et alto de Mozart, le premier mouvement du Concerto pour violoncelle en ré majeur de Haydn et le Premier Concerto brandebourgeois de Bach.
Si l’Adagio et fugue manquait parfois d’âme, malgré une certaine énergie dans son interprétation, la Symphonie concertante a été particulièrement bien rendue. On voyait bien que les musiciens n’en étaient pas à leur première exécution et qu’ils maîtrisaient bien l’œuvre. Les cors rehaussaient le jeu des cordes avec brio et l’orchestre s’est démarqué dans les attaques les plus vives. Le jeu des solistes était cependant inégal. Certains passages étaient on ne peut plus justes et touchants, particulièrement intérieurs, alors que d’autres semblaient encore trop près de l’exercice scolaire.

La seconde partie du concert fut la plus réussie. Béatrice Cadrin fait véritablement de l’orchestre son instrument dans le Concerto pour violoncelle de Haydn. Malgré quelques notes fausses, les cordes étaient beaucoup plus vivantes et majestueuses et merveilleusement bien épaulées par les autres sections de l’orchestre. Le soliste, David Croteau, faisait même véritablement vivre la musique de Haydn en lui insufflant l’âme qui faisait parfois défaut au cours de la première partie du concert.
La soirée s’est terminée en beauté avec le Premier Concerto brandebourgeois de Bach. Les cordes étaient admirablement justes et chaque mouvement était entamé avec vigueur. Seule ombre au tableau : l’orchestre manquait souvent d’unité dans les tutti. Si les différentes sections se répondaient fort bien, l’ensemble manquait parfois d’homogénéité lorsque les cordes rejoignaient les autres sections de l’orchestre. Ces quelques réserves n’enlèvent rien à la qualité du jeu d’ensemble. J’ajouterais même que l’esprit de l’œuvre m’a paru spécialement bien rendu. Au terme du concert, le public semblait ravi et les applaudissements furent nombreux. Forte de cet enthousiasme, Béatrice Cadrin a invité les musiciens à reprendre le premier mouvement du Brandebourgeois pour le plus grand plaisir de l’auditoire.
La Sinfonia est un orchestre d’amateurs de bon niveau dont certains des jeunes chefs de section sont promis à un bel avenir s’ils continuent à pratiquer leur art avec assiduité. C’est donc un rendez-vous à surveiller à la dernière fin de semaine de novembre.
Pour plus d’informations : http://www.lasinfonia.ca