Ajouté par : David Goulet
Glasser - Ring
[True Panther; 2010]
Vidéo de la pièce Mirrorage :
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Glasser est le projet musical de Cameron Mesirow, jeune californienne, née de l’union d’un père et d’une mère musiciens. Artiste touche à tout et exprimant son art de plusieurs façons, elle crée en 2009 en collaboration avec l’artiste visuel Tauba Auberbach, sa meilleure amie, le Auberglass, sorte d’orgue géante intrigante qui ne peut seulement se jouer qu'à deux, l’air soufflé par l’orgue de l’un étant propulsé par les pédales de l’autre. C’est en 2009 qu’elle fait paraître Apply, un premier EP qui plut beaucoup à sa sortie. Depuis, une myriade de premières parties (The XX, Jonsi) l’ont emmenée à pousser la note encore plus loin et à faire paraître cet automne un premier solide et envoûtant long jeu, Ring. Les attentes étaient donc assez élevées pour la jeune femme qui vient tout juste d'entamer la vingtaine.

Ring se veut être un album-concept. Mesirow, obsédée par le monde des rêves, voulait que l’album soit une continuité, une loupe qui n’a pas de début ni de fin, comme un rêve qui se mélange avec la réalité. En ce sens, des interludes entre les chansons rappellent les sons et les mélodies d’autres chansons de l’album, qui pousse le concept de déjà-vu (ou ici, déjà-entendu) un peu plus loin. Donc, de n’importe quelle chanson où on commence notre écoute, on aura l’impression de véritablement être pris dans une loupe. Une loupe dont on ne veut plus sortir.

Réalisé avec l’aide de Van Rivers and the Sublimnial kid – l’équipe derrière le génie musical de Karijn Dreijer Anderson aka Fever Ray et de, notamment, le dernier Penny Sparkle des new-yorkais Blonde Redhead, Ring est une mixture de sons électroniques et de percussions organiques et acoustiques, avec des calques et des claques de complexes et inventifs arrangements. Dès la première écoute, on est surpris par la variété des arrangements, passant des cuivres syncopés aux quatuors à cordes, au glockenspiel et à l’accordéon. On entre littéralement dans Ring comme dans le rêve d’une personne d’une autre dimension. Tantôt exotique (Treasury of We), tantôt electro-pop (Mirrorage), c’est la voix de Mesirow qui domine. On pourrait penser à Björk, mais sa voix est utilisée plus délicatement et s’intègre facilement avec les chansons. Mesirow sait utiliser son instrument vocal de façon judicieuse, tant dans la chanson elle-même que dans les harmonies texturant l’album.

L’album s’ouvre avec Apply, en version bonifiée, avec plus de beats et plus de claviers qui sonnent drôlement mieux que sur le EP, invocation qui donne le ton à l'album avec ses percussions tribales et ses petits cris qui aurait bien leur place dans un album de PJ Harvey. Au centre de ces neufs pièces, il y a T, véritable chanson d’amour que Mesirow chante pour son amie Tauba, qui est également une des pièces les plus fortes de l’album. Glasser invoque un semblable mysticisme futuriste à celui de Bat For Lashes, mais élargie encore plus sa palette sonore du genre, réussissant à démontrer la singularité de sa démarche.
Même si les comparaisons peuvent sembler évidentes, il n'est pas facile de décrire le son de Glasser: tropical-mysctico-électro-pop ? électro-pop-world organique ? Ou seulement originale ? Quelle que soit l'étiquette qu'on lui porte, Glasser offre une musique très plaisante et assez facile d'approche, dans la lignée des meilleurs albums de Joni Mitchell, Björk, Kate Bush voire même Leslie Feist. Une écoute agréable qui séduit peu importe où l’on se retrouve dans la loupe.

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Critique par Sébastien Moffet
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