Date : 05/02/2007
Ajouté par : CHYZ 94,3
Critique de l'album: Friend Opportunity
Critique par Dany Plourde
Groupe phare américain formé il y a plus de dix ans, Deerhoof secoue l'identité de la pop et du rock depuis ses débuts, s'attirant les étiquettes les plus ambigües du jargon musical moderne : noisy pop, art-rock, indie-prog, pop/rock expérimental. Bien que le trio suive une trajectoire un peu plus accessible avec ce huitième album, celui-ci n'a rien perdu de sa capacité à façonner un univers musical complexe mais sucré, déroutant mais enchanteur.
Révélateur de leur inclinaison à cultiver le paradoxe, la pochette de l'album est livrée en 6 pièces détachées, où se succèdent des graffitis à la fois naïfs et angoissants. Cette curieuse polarité est également transposée musicalement, avec la voix enfantine de Satomi Matsuzaki, qui se fait gronder par des riffs de guitare éparpillés. Même si sa voix est plus que jamais intégrée aux compositions, ces dernières sont comme toujours axées sur les percussions, qui collent mieux à l'orchestration par leur attitude un peu moins dissidente qu'à l'habitude. Finalement, la densité mélodique est rehaussée par des arrangements électroniques singuliers et par l'apparition surprise de quelques gloussements de trompettes.
Friend Opportunity aspire par son charme à être la suite logique de Green Cosmos, un EP lancé silencieusement en 2005, quelques mois avant le rock torturé et psychédélique de The Runners Four. Un album ambitieux qui se clôt sur une pièce de 11 minutes qui rassemble les constituants dansants, expérimentaux et ambiants de l'album.