Les Dames de Dagenham – Ode à la solidarité féminine – Nouveauté au CLAP
Par Sheina Simoneau
Les Dames de Dagenham est une comédie dramatique basée sur le début de la bataille des femmes pour l’équité salariale. Le réalisateur, Nigel Cole, qui se dit très intéressé par la place des femmes dans la société (il a d’ailleurs réalisé Le calendrier des girls et Saving Grace) a choisi Sally Hawkins et Bob Hoskins pour incarner les personnages principaux.
L’histoire du film se déroule en 1968, à Dagenham, en Angleterre, où la compagnie Ford est le principal employeur. 187 femmes y travaillent comme couturières pour le rembourrage de sièges de voiture. Contrairement aux employés masculins de chez Ford, ces femmes font énormément d’heures supplémentaires dans une usine non climatisée avec un toit qui fuit. En plus de travailler dans des conditions difficiles, elles touchent un salaire qui représente un peu moins de la moitié de celui des hommes parce qu’elles sont des femmes et qu’elles sont reconnues comme des employées non spécialisées sur l’échelle salariale de Ford.
Rita O’Grady, interprétée par Sally Hawkins, décide de motiver le groupe de femmes à entamer la première grève contre la discrimination sexuelle du salaire. Leur grève engendre des pertes substantielles pour Ford : environ 8 millions de livres en trois semaines. Les dirigeants de l’entreprise n’ont d’autres choix que de revoir leur position.
Le film Les Dames de Dagenham m’apparait comme une ode à la solidarité féminine. Même si les hommes tentent de les dissuader en leur mettant des bâtons dans les roues, aucune d’entre elles ne se soumet à l’autorité masculine. Aucune de ces femmes ne doute du bien-fondé de leur démarche. Elles sont confiantes, audacieuses et, surtout, solidaires. C’est ce qui se révèlera être la clé de leur réussite.
ON AIME
- Le sens que Nigel Cole a donné à la discrimination sexuelle : il ne touche pas à l’éternelle opposition entre les hommes et les femmes. Il met plutôt l’accent sur l’injustice dont les femmes sont victimes et sur l’importance du soutien de toute la population, hommes et femmes, pour enrayer le problème.
- Le traitement cinématographique du film : le gros grain de l’image qui réfère aux années 60, la musique, les costumes, les paysages. Regarder le film, c’est voyager dans le temps.
- Le fait qu’on puisse découvrir (ou redécouvrir) la conviction des femmes de l’époque, leurs relations avec l’autorité, leur conception de la conciliation travail-famille ainsi que leur perception de la mode et l’arrivée du minishort…
À titre personnel, je juge que Nigel Cole aurait eu avantage à utiliser les images tournées lors des évènements réels (images qui sont rassemblées dans le générique). S’il les avait intégrées au long métrage, je pense que le récit aurait été plus ancré dans la période historique et aurait suscité plus d’intérêts. Souhaitons qu’il y ait songé pour la sortie du film en DVD!