Entre rêve et réalité
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Par Mélissa Paradis
« Le doute… » Ces premiers mots, qui ouvrent la pièce Insomie, sont à l’image même de cette œuvre. D’une part, il y a des personnages qui doutent, de l’autre, des spectateurs qui… doutent. Car, qu’est-ce que la vie quand celle-ci ne mène nulle part? Et qu’est-elle pour le spectateur confronté à des épisodes balançant entre rêve et réalité? Le tout, rendu possible grâce à la mise en scène de Michel Nadeau.
Gwen et John vivent une relation amoureuse tumultueuse et tourmentée. Ils ne se comprennent pas. Même la naissance de leur premier enfant ne semble pas pouvoir dissiper la distance qui les sépare. Et quoi de mieux que l’arrivée d’un couple parfaitement heureux pour leur rappeler que tout va mal? C’est ainsi que le frère de John, William, et sa femme Kate débarquent chez le couple au bord du précipice.
Aux premiers abords, la pièce semble manquer de rythme. On se demande dès ses débuts où elle peut bien mener. On est toutefois rapidement transporté dans une certaine folie. Et que dire de la fin. Une fin qui justifie les moyens. En effet, la pièce est tissée de manière si ingénieuse que son climax est efficace.
Les décors, simples, servent bien la pièce. Tantôt un sofa, tantôt une table, mais aucun artifice. Le strict minimum. Car l’essentiel, ce sont les comédiens en soi, et leurs angoisses. Et ces angoisses sont aussi bien rendues par la musique que par les bruits ambiants.
La pièce est également illustrée par un jeu de lumière approprié. Celui-ci sert aussi bien les épisodes de réalité que de démence. Il illustre aussi le temps qui passe. Un temps qui se joue bien des gens.
En n’ayant recours qu’au strict minimum, les comédiens avaient tout intérêt à être à la hauteur. Une mission accomplie dans son ensemble. Soulignons par ailleurs le jeu fantastique de Valérie Laroche en Gwen frustrée et désoeuvrée, mais aussi celui de Normand Bissonnette en William assuré, voir arrogant. À la limite de la caricature, mais un personnage assumé. Nicola-Frank Vachon aurait toutefois gagné à être un peu plus subtil.
Insomnie
Dans une mise en scène de Michel Nadeau
À voir jusqu’au 6 mars, au Théâtre Périscope

Retour sur « Copyright humain – Une exposition sur la pensée »
20 février 2010
Au Musée de la Civilisation, du 25 novembre 2009 au 6 septembre 2010, est présentée une grande exposition-réflexion sur la pensée. Son nom : Copyright humain. Cette exposition est une pure création du Musée, présenté par le Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard, avec la collaboration de la Fondation du Musée de la Civilisation et Le Soleil, et en partenariat avec Alcoa.
La pensée. Notion abstraite qui fait réfléchir!
Mais d’où vient la pensée? Quand s’est-elle développée? Quand s’est-elle extériorisée? A-t-elle laissé des signes, des symboles? Les grands singes pensent-ils? Et les premiers homos sapiens? La pensée est NOTRE copyright, le copyright humain!...
Avec cette mystérieuse exposition, le Musée de la Civilisation nous fait reculer dans une ère d’il y a plus de deux millions d’années en nous présentant plus de 220 objets historiques et scientifiques de toutes sortes : fossiles, cranes, os, poteries, statuettes, tranchoirs, pierres taillées (silex), instruments chirurgicaux, manuscrits, instruments inusités, etc. On peut y voir également des toiles artistiques – deux ont même été faites par des chimpanzés dans les années 1950 à Londres et ils sont incroyablement réussis – des objets et commentaires scientifiques ainsi que des écrans interactifs et des extraits de films. On y présente aussi des monologues de penseurs comme Albert Jacquard, Marie Laberge, Hubert Reeves, Thomas De Koninck, et plusieurs autres.
De l’homme de Cro-Magnon à l’intelligence artificielle, le long parcourt nous fait comprendre l’importance de l’expansion du cerveau, de l’évolution de l’espèce ainsi que le développement de la pensée, du langage, de la symbolique et de la créativité humaine.
Le Musée innove une fois de plus en nous présentant une visite de l’exposition par Internet sans fil pour un trajet commenté. Au coût minime de 2$, des iPod Touch sont prêtés à l’entrée et nous suivent vocalement et visuellement tout au long du parcours historique. Des explications et démonstrations pertinentes nous sont données au fil des différentes sections. De plus, le Musée nous offre ces narrations explicatives directement sur son site web ainsi que des « tests de la tache d’encre ». Allez visiter le site!
Ateliers et spectacles font aussi partie du programme. Des activités à caractère scientifique sont destinées aux plus jeunes durant toute la programmation de l’exposition. De plus, quatre conférences de spécialistes du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard nous livre ses recherches en la matière : L’histoire du cerveau : 30 000 ans au service de la pensée par le Dr. André Parent (19 janvier 20h), 100 milliards de neurones : un voyage fantastique au cœur de votre cerveau par Paul De Koninck(3 février 20h), Lumière sur le cerveau : une question de rythme ou d’humeur par le Dr. Marc Hébert (17 février 20h), La dérive de la pensée chez l’enfant, quand la recherche donne espoir aux parents par le Dr. Michel Maziade (17 mars 20h).
« Par la pensée, l’humain devient un animal culturel! Rien ne peut être produit s’il n’a été préalablement pensé! »
Cynthia Labonté
Horaire : Jusqu'au 23 juin 2010, du mardi au dimanche de 10 h à 17 h
Où : Musée de la civilisation
85, rue Dalhousie
Québec (Québec)
G1K 7A6
Téléphone : 418-643-2158
Site web : http://www.mcq.org/copyrighthumain
Courriel : mcqweb@mcq.org
Quand : du 25 novembre 2009 au 6 septembre 2010
Coût : Adulte 11$
Étudiants 8$ (avec carte)
Tant pour ses recettes que pour les informations qu’il offre sur l’alimentation au XVIIe et XVIIIe siècles, ce livre se révèle fascinant. On déboulonne certains mythes (pensons seulement aux colons français qu’on soupçonne à tort d’avoir adopté les habitudes alimentaires des Amérindiens), explique l’origine de certains goûts tel que celui pour le sucre qui s’implante avec l’arrivée des Anglais et comment des aliments aujourd’hui fort répandus se sont imposés en Nouvelle-France.
C’est donc un livre à acheter, ne serait-ce que pour se faire une idée de ce que pouvait manger nos ancêtres et essayer les recettes – délicieuses d’ailleurs – de cette époque.
Alex Tremblay, chroniqueur
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Mardi prochain à la chronique Historique d'Alex Tremblay : Le Boréal Express, Journal d'histoire du Canada (1524-1760) de Gilles Boulet, Jacques Lacoursière et Denis Vaugeois.
Écoutez Chéri(e), j'arrive! du lundi au vendredi 16h à 17h30!
Combats, jalousie, trahison, manipulation, meurtre et sexualité. Décidément, tous les ingrédients salés sont réunis dans cette pièce épique signée Marie-Josée Bastien (adaptation, mise en scène) pour éprendre le public de La Bordée. Adapté du roman d’Alexandre Dumas (Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, etc.), La Reine Margot dresse un portrait cynique d’une France déchirée par les guerres religieuses et menée par la sournoise dictature de la mère de Charles IX, alors Roi de France.
Pour calmer les tensions religieuses, le Roi organise des noces entre sa sœur catholique, Marguerite de Valois, et un protestant, Henri de Navarre, futur Henri IV. Prisonniers bien malgré eux de ce mariage d’intérêt, les deux se vouent toutefois un respect mutuel et indéfectible, Marguerite allant jusqu’à plaider pour la vie d’Henri lors du massacre des huguenots ordonné par le Roi sous l’influence de sa mère. Pendant que les deux autres fils convoitent lâchement le trône de Charles IX, Henri de Navarre fait de celui-ci son allier, un rapprochement que la mère voit d’un mauvais œil. Par tous les moyens, elle tentera d’éliminer Henri qui risque d’hériter du trône de France, alors que Charles IX se débarrassent de ses frères par des mariages d’intérêts dans d’autres royaumes.
Dès les premières scènes, on nous met rapidement en contact avec les différentes rivalités et on lève le voile sur certaines rumeurs de complots tus. La Reine Margot s’annonce dès lors comme une fresque historique passionnante où ambition et trahison gouvernent sur tout sentiment noble. Malgré la durée imposante de la pièce (2H30), celle-ci trompe le temps grâce au rythme presque essoufflant auquel s’enchaînent les scènes aussi percutantes que brèves. Mais il n’y a pas que le texte qui impose ce rythme; la musique tragique et saccadée qui masque les changements de scène amplifie également cette illusion temporelle.
Bien que souvent majeurs, les changements de scène sont très fluides et mettent de l’avant le talent de la metteure en scène qui utilise tout l’espace disponible d’une façon intelligente et bien dosée. Sans l’ombre d’un doute l’une des qualités premières de la pièce, l’esthétisme est apporté par les costumes d’époque revisités au goût du jour par Sébastien Dionne, mais aussi par les éclairages toujours à point de Sonoyo Nishikawa, qui ajoutent très certainement à l’intensité de l'oeuvre.
Le jeu des acteurs rend tout autant justice à l’œuvre de Dumas. Un texte bien en bouche, brillamment livré, même si parfois surjoué, fait prendre forme et vie à un texte somme toute quelque peu lourd par moment. On remarquera en particulier le jeu précis et senti de Guillaume Perreault (La Mole) et de Marie-Soleil Dion (Henriette de Nevers), tous deux transcendants. Preuve du talent des acteurs mais aussi de la metteure en scène, les scènes de combat à l’épée, peu crédibles et bien souvent risibles au grand écran ainsi qu’au théâtre, paraissent tout à fait plausibles et s’emboitent parfaitement au récit.
Si la pièce n’a que peu d’écho sur la société actuelle et n’ébranlera aucune de vos valeurs, La Reine Margot s’inscrit comme un divertissement efficace, une partie de plaisir qui se savoure comme un Shakespeare des mieux livrés. Incontournable.
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*La Reine Margot est présenté à La Bordée jusqu’au 6 février prochain.
Pour plus d’Informations : http://bordee.qc.ca/